Cornemuse va vous raconter une histoire pour vous amuser

Compte-rendu de la soirée par Célane Dodier Côte

Le fil conducteur de la soirée traite des jeux vidéo qui ont marqués l’enfance du maître de jeu Benoit Pedneault.

Coup de cœur

Le dieu d’on-ne-sait-quoi (Cholette-Janson) et son apprenti mortel (Rainville) sont réunis pour que le maître donne une première épreuve à celui-ci. La relation entre les deux doit encore être définie et on ne comprend pas tout de suite l’élément principal de leur quête. Finalement, le Dieu Cholette-Janson prend les choses en main et hurle à son apprenti : «réuni tout ton courage et défonce là !». De quoi parle-t-il ? Son collègue réponds donc avec une étincelle dans les yeux: «Je m’appelle Alexandre le Grand et je vais conquérir l’Europe». Des péripéties, des éléments perturbateurs, des opposants et des adjuvants fusent de tous bords tous côtés. Bref, tout le schéma narratif s’y retrouve. Les héros commencent avec «l’Italie, le berceau de la civilisation si on exclue la Grèce». S’en suit une guerre de mots et de jeu sur les stéréotypes des différents pays interprétés par les autres joueurs des deux équipes. Pour le dénouement c’est bien simple, la confrontation se gagne à coup de baffes !

Mise en scène de la soirée

Le couple fétiche (Garneau et Bérubé) doit se séparer et on assiste à une scène digne des adieux des couples durant la seconde guerre mondiale sur la plateforme du train du village. Sur la chanson Chasing cars de Snow patrol on revisite le passé fantomatique du couple. Une proposition en mouvement et en douceur de la part des Jaunes, agrémenté d’une écoute parfaite. Est-ce que l’époux va embrasser langoureusement sa douce comme promis lors de leurs retrouvailles ? Il faut venir au Temps d’une pinte après le match pour le savoir.

La surprise de la soirée

Les Pêches commencent avec un solo de cornemuse avec le joueur Massicotte. Ensuite, la joueuse Mongrain entre dans la mise en scène en interprétant Mary had a little lamb à la manière d’une petite gamine. La joueuse Gélinas se lance ensuite dans un solo de drum très endiablé pour le rythme de la chanson. Pour compléter l’espace, le critique (Rainville) nous explique ce mixte musical digne de secondaire en spectacle. Court, mais efficace !

Ce qui est génial, c’est que les Pêches pu revisité cet univers grâce à la proposition du maître de jeu. Cette fois on plonge dans l’histoire du joueur de cornemuse (Massicotte). On voit la trame de sa vie avec son instrument qui est un lègue de son arrière-grand-père. Il a dû mettre de côté sa vie d’ingénieur pour respecter les volontés familiales. Puisqu’il a la shape de Roy Dupuis (oui, oui Luc), le musicien s’est résigné à jouer pour le régiment.

Le moment d’émotion de la soirée

Ce n’était pas dramatique, mais il y a eu une panoplie d’émotions en peu de temps ! Cette première improvisation du match commence fort avec les joueuse Mongrain et Gélinas qui pleurnichent comme des madeleines lors du départ de leurs maris marins. Au final, elles sont franchement heureuses du départ de leur époux puisqu’elles pourront enfin assouvir leurs besoins avec les divers amants du village. Laurence Gélinas est complètement délectable en femme aguicheuse, «la salope» elle a même montré sa cheville à Charles Beaudelaire. Les hommes eux sont pris sur leur bateau et s’inquiètent pour le triste sort de leurs femmes. Pas si triste ce sort laissez-moi vous le dire.

Une improvisation marquante

Les joueurs de Jaunes nous amènent dans une corporation où l’on accueille le nouveau (Garneau) au bureau. Une situation qui est classique dans toutes les ligues d’improvisation du monde je crois. Seulement, le joueur Garneau n’embarque pas dans la dynamique du jeu physique de ses collègues et fait remarquer tous les mimes des autres joueurs. Vous avez déjà vu des centaines de fois les joueurs tenir un faux café, prendre leur main pour répondre au téléphone ou pour pointer un fusil. Cette fois, le protagoniste n’y croyait pas alors que les autres semblaient tout simplement surpris d’une telle réaction.

Garneau : « Où est son bureau, il n’y a pas de vrai café, c’est ta main pas un cell franchement, on joue sur un plateau depuis tantôt, ça c’est du public qui porte une vrai casquette !» Le tout se fini d’une crise monumentale du joueur qui démoli le «bureau» de la corporation.

Ce qui est excellent c’est que les joueurs on aussi pu ramener ce personnage lors de la dernière improvisation suite à la proposition du maître de jeu Pedneault. La crise du personnage de Jocelyn Garneau lui a valu un séjour à l’asile psychiatrique. Il est dans une salle d’interrogatoire et fini encore une fois par déconstruire l’univers physique imaginé par ses collègues. Il les forces donc à mourir ou à se transformer à sa guise puisqu’il est «le meilleur joueur d’improvisation du monde». Une belle proposition finale à la manière de Stephen King.

Les forces de la soirée

Le Dieu chest, une chantée chevaleresque au clavecin, Pier-Luc Funk, Donjon dragon, un bon jus d’orange, un kayak de mer à voile, Tiananmen square, un moment à l’épicerie entre père et fils et un snack bar vegan, tout ça et bien d’autres choses ont été présentées en ce mardi 25 avril. C’est ce qui arrive quand on laisse place à la créativité et que des improvisateurs de talents permettent de se gâter en fin d’année. Ce genre d’exercice devient possible lorsque des comédiens se font confiance et maîtrise cet art qu’est l’improvisation. En plus d’avoir un public réactif qui les nourrit durant les mises en scène, ils peuvent créer alors des petits chefs d’œuvre mauricien.

Ma réplique préférée de la soirée vient de la joueuse Mongrain s’adressant à son frère (Bérubé) qui a une déficience intellectuelle : «Bin non Simon c’est popa pis moman qui sont cousins, c’est pas nous !»

Étoiles
Jaunes : Alexandra Carignan
Pêches : Vincent Rainville
Maître de jeu : Élodie Mongrain

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